vendredi 31 août 2007

L'homme malmené

« Hey, Charly, tu veux rire ? »

En général, lorsque ma sœur s’annonce en ces termes, c’est que la suite promet d’être cocasse, limite hilare.
Demi tour toute pour lui faire face, un sourire biaisé de la femme qui sait se faire désirer s’affichant sur son visage.

« Dans le staff Séphora il y a 120 mecs »

« Sur les 120 mecs, il y a 5 hétéros »

Tout de suite ça devient plus intéressant. Je me dis que cela ne va pas aider au changement de la condition masculine dans l’univers du cosmétique !

« Et sur les 5 hétéros, ben devine quoi … y’en a 3 qui me draguent !!! »

God dam!!!
Et voilà. Pourquoi faut-il qu’elle prenne cet air faussement outré, limite gêné ?
C’est fini, l’homme est grillé dans le cosmétique. Ou à défaut, il est au choix classifié dans l’une ou l’autre catégorie du gay (ou bi) ou du gros dragueur macho et trivial.

L’exemple typique de l’indélicatesse se présente ainsi :
« Dis voir, tel jour c’est l’ouverture de la coupe du monde de rugby. Tu crois que c’est un motif suffisant pour faire changer mes horaires de taf pour que je puisse regarder cet événement incontournable ? Tu peux me changer mes horaires ? »

« Mais bien sur… Je vais te changer ça sans problème, et permuter avec une autre personne. T’en fais pas. Et puis ensuite on ira voir ensemble l’ouverture, chez toi ou chez moi … comme tu veux ! »

Voilà comment la séduction mal léchée, et dénuée de classe s’affirme. Tout ça parce que la condition masculine chez Séphora est mise à mal, que le pauvre hétéro en devient macho pour résister à l’envahissement homosexuel.
Tout ça aussi parce que ces pauvres demoiselles ne prennent pas le temps de comprendre la pauvre situation de ces mâles en perdition dans un univers féminisé à outrance ; dans lequel 95.33 % des hommes composant 48% de l’effectif salarial ne répond plus au critère socialement, sexuellement, sociologiquement et bibliquement correct de la définition de l’homme (dans sa conception masculine).

Messieurs, sachez rester classe en toutes circonstances !

mercredi 29 août 2007

Problème Existentiel

Mesdames, mesdemoiselles messieurs,
La meilleure publicité pour le Petit Beurre LU
vient des brugnons.

Manger un brugnon devant son ordinateur au bureau est devenu un exercice des plus périlleux. On peut même se demander si la tâche, au moins une fois, fût aisée.
Ayant arrêté de fumer, je grignote. Je m’étais dis qu’un fruit valait mieux que les chimiques et caloriques barres coupe-faim.
[nous reviendrons plus tard sur cet arrêt nicotinique plusieurs fois enfreint devant l’attirance de la nocive bouffée cancérigène d’une Marlboro dégageant une délectable fumée bleuâtre]

Me voilà donc avec mon brugnon, devant mon PC, lisant une obscure retranscription parlementaire.
L’amorce du fruit se fait toujours avec délicatesse afin d’éviter la giclée du nectar sur la chemise.
Il croque comme une pomme, le danger est écarté.
Concentration se fait sur la valeur juridique de la signature électronique, l’hypnotisme pointe, on se relâche… Le grignotage devient mécanique.

Fatale Erreur.

Le vicieux n’est pas si ferme et peu juteux que prévu. Un délicat filet sucré sur son poignet fait sortir de la somnolente lecture. On zoom sur la goutte qui se forme à la base du noyau.
La collision avec le clavier est imminente. Tout comme la tâche sur la manche que va générer la coulure sur le poignet. Attention DANGER !!!
Translation vers la droite, crainte pour les documents sur le bureau ; Recul, crainte pour le pantalon.
Cela se fini jambes écartées, penché au-dessus de la corbeille à papier, seule solution de secours imaginable en cet instant critique.

On ne cogite pas sur l’absurde de la situation. Mais les pas dans le couloir, la vision de la porte ouverte, et le cocasse de la position entraîne une soudaine culpabilité mêlée d’une compréhension du risible.
Dernière bouchée, tel un goinfre, le trognon file rejoindre les brouillons et autres détritus papier.
Le délit est consommé… reste un détour par les WC pour effacer toutes traces visibles du méfait.
Nul n’en saura jamais rien.

Excepté le collègue qui se pointe, gueule enfarinée pour vous saluer, et qui vous impose sa main tendue.
Le tragique vient de faire son apparition. Rien à envier à Racine pour le coup !

C’est décidé. Le fruit juteux ou non, dans toutes ses formes est proscrit. Il est devenu trop dangereux.
Heureusement que le petit beurre est là. Merci Lucien Utile !