Le monde judiciaire, à l’image de la justice française, est proche de l’implosion.
J’en ai été informé ce matin même par une amie fille d’avocat. Un grève générale est prévue le 29 janvier. NON Monsieur, pas celle du corps enseignant voyons !
Une grève d’une particularité toute symbolique : elle est rédigée sous les drapeaux de TOUS les syndicats du corps pénitentiaire et de la magistrature et des services judiciaires et des avocats.
Rien que ça ? Voui, rien de moins que ça. Accompagné de surcroît par les pétitions – parfois sous forme de site Internet – qui fleurissent en ce moment sur le Web. Le tout relayé par d’excellent blogues juridiques qui tente d’analyser la situation et d’expliquer de quoi il retourne.
Mais que se passe-t-il donc en ce moment pour que la totalité des corps judiciaire et pénitentiaire se mobilise ? Et je ne parle que de ces deux ci, sachant que la gendarmerie et les fonctionnaires de police ne sont pas loin de nous faire ouïr leurs mécontentements. Pardonnez les pour le moment, ils sont un peu contraints de la boucler, autorité hiérarchique, vous comprendrez !
Les causes de la tempête qui se profile ?
Je dirai la situation actuelle : le fichier STIC de la police, les suicides en prisons, les convocations de hauts magistrats du parquet, l’affaire « Outreau » ;
Jugulée à des réformes judiciaires en cours, toutes fraîchement pondues ou à venir : le fichier EDVIGE, la suppression des TGI, les peines planchers, la suppression du juge d’instruction, dépénalisation du droit des affaires …
Ce sont des faits, dont tout le monde peut en connaître. Il suffit de prendre le premier éditorial du jour. Ce dernier, quand il ne traite pas de Gaza, s’apparente à un recueil d’affaires judiciaires (au sens large).
Sauf à vivre au fin fond du plateau du Larzac sans moyen de communication, vous ne pouvez pas passer outre !
Bon, soit, on l’a compris, la situation actuelle ne permet pas un bon exercice de la justice, à tous niveaux : enquêtes, instruction, jugement, application des peines …
Et les réformes engagées et à venir ne présagent apparemment pas d’une amélioration. Régression ? Nous n’en sommes pas loin.
Ha, me direz-vous, ça on l’avait bien compris ! Bon, c’est pô si bordelique qu’ ça tout ‘ed même, heiin ?
C’est suffisamment grave pour que tout le monde judiciaire s’unisse sous une même bannière pour mieux se faire entendre. C’est rare. C’est un symbole fort : un peu comme la Guerre de Troie.
C’est suffisamment grave pour que je participe – à ma manière – en expliquant le POURQUOI de cette révolte qui gronde.
C’est donc expliquer le pourquoi des réformes. Expliquer le système judiciaire actuel au final.
Parce qu’on ne peut faire une réforme sur ce que l’on ne maîtrise pas. Tout comme on ne peut se forger une opinion sur des éléments mal appréhendés.
Beaucoup de gens de mon entourage me posent régulièrement des questions sur les évènements actuels ou sur des problèmes personnels. Visiblement, ils n’arrivent pas à avoir une vue d’ensemble d’un système qu’ils estiment réservé à des spécialistes – charge à eux de leur en faire comprendre l’essentiel.
Ou encore parce que parfois ils pensent que cela ne les concerne en rien et restent interrogatifs devant les aberrations rapportées par les médias.
En me penchant plus avant sur la question, il m’est apparu difficile pour le Béotien du droit de réellement comprendre la situation.
Soit parce que les médias ne leur accordent que peu d’importance en se contentant de se faire l’écho de faits divers, sans expliquer plus avant. Ce peut se comprendre, tant la tâche est grande. Les médias n’ont pas pour rôle de palier aux lacunes de ses auditeurs/lecteurs.
Mais pour peu que le citoyen désire en apprendre davantage, il se trouve confronter à un véritable parcours du combattant.
Pour deux raisons :
- La première tient en ce que le droit est complexe, vaste et pas toujours diaphane.
- La deuxième veut qu’il soit particulièrement difficile de jongler entre les différents supports délivrant les connaissances que l’on souhaite acquérir.
Je n’ai rien trouvé qui explique de manière simple aux justiciables la totalité des éléments nécessaire à la réelle compréhension de la problématique posée.
Pourtant la justiciable est directement concerné par les problèmes dénoncés par les magistrats, les avocats, les forces de l’ordre, les autorités pénitentiaires, les établissements psychiatriques …
Parce que c’est VOTRE justice. C’est de vos intérêts dont il s’agit ! De vos vies même pour ce qui est du droit pénal.
Alors j’estime nécessaire que vous compreniez les fondements, le fonctionnement de VOTRE justice. C’est sans doute même un devoir.
Ça ne rend pas l’avocat inutile pour autant. C’est un spécialiste en sa matière. Il est indispensable.
C’est peut-être prétentieux que de s’y aventurer. Mais j’ai un ego surdimensionné et une volonté sans borne. Et comme je donne toujours la sensation de tout savoir sur tout … n’est-ce pas une bonne façon de prouver que j’ai raison ?
La tâche est grande. L’explication générale et suffisamment simple des institutions juridiques françaises, des droits publics et libertés fondamentales et du droit pénal général c’est un casse-tête.
Si l’on saupoudre le tout de procédure pénale, de droit pénal spécial et de droit de la peine, de droit des étrangers et d’une touche de droit administratif, c’est que l’on est probablement masochiste.
Vaille que Vaille!
Je pourrais toujours me détendre en vous divertissant avec du droit matrimonial ou du droit des successions ! Oui oui, vous verrez, il y a des choses forts coquasses !
Bon vendredi.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire